21 avr. 2008

En route mauvaise troupe !

free music




Bien souvent je rêve encore que je suis en "l'année dernière". Que je pourrai, en arrivant à l'école raconter mes exploits à mes deux amies, rire pour oublier, travailler pour passer le temps, embêter tout le monde. Mais c'est dans les jours comme aujourd'hui que je me rend compte que tout ça est définitivement bien passé.

La dernière fois que j'ai vécu quelque chose d'aussi fort c'était il y a deux ans. Quelque chose d'interdit, quelque chose de mal, de dangereux de surcroit. Mais, ça fait tellement comme bien.

Toute la nuit, les chatons dans ma chambre on miaulé, la mère à gratté à la porte. C'était fun, j'vous raconte pas. J'ai du dormir 2h30. C'est mieux que rien vous allez dire. Alors, ce matin, je n'avais envie que d'une chose : partir. Mais, quand c'est la merde, ça l'est jusqu'au bout. Il faut croire que le ciel n'était pas avec moi.

Après 45 minutes d'attente à l'arrêt de bus, je me dit "MINNNNCE, y'a grève des cars". Alors, je rentre chez moi et annonce la nouvelle à mon père, seul à bord, en espérant qu'il se propose gentillement pour me porter. Mais que croyez vous, que nenni. Alors je m'assieds en attendant sa proposition. Mais ne la voyant pas venir, j'insiste : "Alors, tu me porte ?"

Qu'est-ce que je n'avais pas dit là. Oh, misère. Moi qui me voyais déjà sur les bancs de la fac en train de titiller mon stylo pour cause de glandage intense, me voilà bloquée chez moi, mon père qui ne veut résolument pas me porter. Misère de misère.

Alors je monte dans ma chambre, très énervée. Trop énervée. Avec une putain d'envie de tout exploser. Mais en fait c'est moi qui explose. En larmes. Mais, merde, ça rime à quoi ce que je fais, là? Ça ne change rien. Je fuis et c'est tout ce que j'ai fait. Alors je me reprends. C'est décidé. Je prends mes clics, mes clacs et je me barre. Il ne veut pas me porter ? Très bien, je n'ai pas besoin de lui pour me dérouiller. J'y vais en stop.

Je suis folle. Je sais. Inconsciente aussi. Mais pas grave, je lui montre que je suis fière, avec mes sacs sur le dos. Il me lance un "qu'est-ce que tu fais ?". Je lui répond honnêtement "Je m'en vais en stop, y'aura p't'être quelqu'un de pas trop con sur la route qui voudra bien me prendre."

Quelques minutes plus tard, me voilà comme une conne avec mon pouce tendu, l'expression du visage qui montre l'urgence de la situation, un camion m'embarque à quelques 5 kilomètres de chez moi (la fac est à 30 kilomètres). Même si je faisais la maligne devant mon père, j'avais grave les pétoches avec le barbu. Mais il était gentil. Il m'a déposé, sans rien me demander de particulier. Après, il changeait de direction.

Edit de plus tard : Le message a été mal interprété. Non je n'ai pas marché pendant 5 kilomètres mais c'est le camion qui m'a emmené à 5 kilomètres.

J'ai alors repris mon activité de musculation du pouce sur le bord de la nationale croyant que j'étais fichue, que mon père allait venir me chercher, me porter au flics, que j'allais être placée en foyer, que c'était la fin quand... Deux imbéciles ont klaxonné.

J'ai alors marché, marché, marché encore marché. Seule, sur la route. Errante, perdue. Sur le bord d'une grande route, ne comprenant pas trop ce qui se passe à ce moment.

Puis, prenant conscience que je ne pourrai pas faire les 30 kilomètres de cette façon, j'ai repris mon activité de pouce. Un homme s'est arrêté, et je connaissais les risques du stop en partant. Alors pensant à mon père qui devait déjà être en train de me chercher, en pensant au chemin qu'il me restait à parcourir, je suis montée. J'ai affronté l'inconnu, un p'tit homme, ressemblant vulgairement à Maurice dans "Ma femme s'appelle Maurice". Celui-ci m'a permis de faire un bon bout de chemin, une vingtaine de kilomètres au moins. J'en ai profité pour prévenir ma mère, lui raconter par texto ce qui s'était passé.

Cet homme, au physique peu ordinaire, me parlait, d'un air particulier. Encore une fois, j'avais la frousse. J'avais peur de ses "DAKKKKKKKEEEUUURRR", "ET ALEUUUURRSSS", de sa main sur le boitier d'embrayage, de ses yeux sur mon col, mais j'assumais. Comme une grande qui assume les conneries d'une gamine. Malgré mes peurs et hallucinations certainement, il m'a déposé à quelques kilomètres de la fac. J'ai alors commencé marcher, en ne pensant plus à rien cette fois. Juste en pensant que c'était fini. Que j'étais tranquiiiiiillle. Que c'est le pied. Je marchais toujours le pouce indiquant le besoin d'aide, lorsqu'un autre homme s'arrêta, me demanda ma destination.

Je suis alors montée, sans hésiter encore une fois. Il était gentil, lui. Il m'a très peu parlé, mais ne m'a pas effrayé. J'ai alors reçu un texto de ma mère. Me demandant de l'appeler quand j'étais arrivée. Et pourquoi donc cela ? Non, il n'avait qu'à me porter. Je ne lui ai pas répondu. Quelques minutes plus tard, je reçois un autre texto me demandant si j'étais en cours. Forcément, je suis arrivée avec trois quart d'heure de retard (bien que l'épopée n'ait pas duré plus d'une heure), donc j'ai attendu le cours suivant, histoire de ne pas trop me faire remarquer.

Puis, les gens sont arrivés, je me suis installée sur un banc, pris mon stylo et commencé à noter le cours. Avec personne pour raconter cette histoire. Uniquement ce blog qui me sert de journal intime en ce moment.

J'ai écrit à ma maman une heure plus tard, "oui je suis bien arrivée". Mon père n'a pas téléphoné, il ne m'a pas cherché non plus. Tant mieux, dirais-je. Au moins, il a économisé des communications, de l'essence, ça aurait été dommage de ne pas vouloir me porter et faire 80 kms pour me chercher. Faut pas croire, des fois, il fait des bons calculs. Mais moi aussi, j'ai fait un calcul. La prochaine fois qu'il aura besoin d'un chauffeur lorsqu'il sera pompette, il ira demander aux chauffeurs de bus qui ne font pas grève, hein.


Bien que ce fut marrant, interdit, délirant, amusant, tordant, effrayant, inquiétant... et j'en passe, que ça fait du bien d'exploser en conneries et de pousser des limites, je suis si triste au fond. Et je ne voulais pas que ces vacances se terminent comme ça. Je voudrais aussi pouvoir prendre du recul, le raconter 50 fois à mes copines, en rire, me moquer de moi. La seule chose que j'arrive à faire, c'est à être triste.

Mais, tellement heureuse d'être à nouveau chez moi. Je vais courir ce soir. Et nager demain. Et sourire après demain. Et rire après après demain. Et être heureuse après après après demain.

Ca va aller vous inquiétez pas. De toute manière y'a pas le choix.




7 commentaires:

nonolerobot a dit…

je trouve la photo excellente, très bien prise, c'est de toi?

MamanCélib a dit…

Pas facile... :-/

L'essentiel est que tu sois chez toi, que tu sois bien arrivée... sans avoir de merci à dire à qui que ce soit...

Mais quand même :-/

Armand a dit…

Chère CPEchou,
Autrefois, je prenais les autostoppeurs.
Je suis tombé un jour sur un sale con qui, sans rien me demander, a changé le poste que j'écoutais à la radio pour mettre une musique "de sauvage" à fond la caisse.
Je n'ai rien dit, de crainte qu'il ne devienne violent...
Ça et les agressions par des faux autostoppeurs mais des vrais bandits (ce n'est pas parce que je n'en ai jamais rencontré qu'ils n'existent pas), ont fait que je n'ai plus jamais pris personne...
Cela s'appelle le principe de précaution!
Faire plaisir, mais risquer de devenir sourd, de se faire détrousser ou violer (non, je ne crois pas que je risquais un viol!)...
Amitiés

Minipoucine a dit…

Demain est un autre jour, fait de plus d'espérance... Soyons optimiste!:o)
Des bisous pour te réconforter!:o)

Rosa Negra a dit…

Tu es donc l'aventurière du jour !

Tant que tu es toujours entière, c'est l'essentiel. Et puis la prochaine fois tu sauras sur qui tu peux compter ou non (si c'est pas malheureux...).

Tu as un lasso et un chapeau, toi aussi (comme Indiana Jones) ? ^^

CPEchou a dit…

Réponse de cpechou

Rosa negra > Non la photo est de google :^/ Desolée

Maman célib > Oui oui, bien arrivée, c'est l'important...

Armand > Moi j'étais pas une méchante auto stoppeuse ! J'voulais juste arriver à destination pour pouvoir travailler à 16h30.

Minipoucine > Positive attitude ! ;)

Rosa negra > J'ai même mieux que ça ! J'ai des ballerines et des lunettes de soleil 8-D

Un futur prof a dit…

Ben oui ma p'tite dame, le stop, c'est pas si dangereux que ça, faut pas regarder TF1 c'est pas bon pour la santé...
Alors oui, je sais que tu es une fille que c'est pas pareille que c'est plus dangereux mais bon avec ce genre de raisonnement on fini par ne plus traversé la rue de peur de prendre une bagnole.

Tiens et puis chère Armant "Cela s'appelle le principe de précaution!" tu repensera à ton principe de précaution le jour où tu seras en galère sur le bord de la route.
"(ce n'est pas parce que je n'en ai jamais rencontré qu'ils n'existent pas)" ben alors comment tu sais qu'ils existent si t'en à jamais vu ?

Pour Info : Mon père prend surtout des mecs maghrébins en stop, parce qu'il sait très bien qu'une blondinette si il ne la porte pas, c'est la voiture derrière qui le fera alors que le rebeu, lui il attend un moment généralement... et il ne lui est jamais rien arrivé en 20ans... de la même façon ce n'est pas parce qu'il ne lui est rien arrivé qu'il ne lui arrivera rien et que rien n'arrive jamais à personne mais tout ça pour te dire armand qu'il faut arrêter d'avoir peur de tout : le monde n'a jamais je dis bien JAMAIS été aussi sur qu'à notre époque et pourtant on à de plus en plus peur... Vivez !